Le SEO est-il en danger face à l’IA et au GEO ?

Écrit par
Marvin Tranchant
Publié le
06 September 2026
Sommaire
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Marvin Tranchant, fondateur de SkySEO, était l'invité du podcast Digital Marketing For Pro (Focus, épisode 5) pour répondre à la question que tout le monde se pose. Cet article reprend et prolonge les points clés de l'échange.

« Le SEO est mort. » On l'entend à chaque mise à jour de Google depuis quinze ans, et l'arrivée de ChatGPT a relancé la machine de plus belle. Sauf que cette fois, la question mérite d'être prise au sérieux : les comportements de recherche changent réellement. Les internautes comparent dans les LLM, lisent des avis sur Reddit, découvrent des marques sur TikTok, et n'arrivent parfois sur un site qu'au moment de finaliser leur décision.

Alors, faut-il enterrer le SEO et tout miser sur le GEO ? Réponse en vidéo ci-dessous.

Vido du podcast LEPTIDIGITAL : Le SEO est-il en danger face à l’IA et au GEO ? Avec Marvin Tranchant de SkySEO

Les chiffres d'abord : où en est vraiment le trafic SEO

Deux données pour cadrer le débat. Le trafic organique représente encore environ 16 % du trafic mondial. Le trafic issu des IA génératives ? Autour de 0,14 %. Chez nos clients e-commerce, les clics en provenance des IA conversationnelles restent sous la barre des 1 %.

Ce n'est pas une raison pour ignorer ces nouveaux canaux, la courbe monte, et vite. Mais quand un décideur nous dit « le SEO c'est fini, je veux du GEO », on lui montre d'abord ce ratio. Abandonner un canal qui pèse cent fois plus que son remplaçant supposé, ce n'est pas de l'anticipation, c'est un pari.

Et sur le terrain ? En 2025-2026, les croissances moyennes de nos clients SEO se comptent à deux ou trois chiffres. Un exemple concret : un client dans le secteur de la santé, budget de 1 500 € par mois, parti de quasiment zéro trafic organique. Neuf mois plus tard : 15 000 visites SEO mensuelles et une croissance de leads à trois chiffres. Un investissement d'à peine 20 000 € par an pour une entreprise qui réalise plusieurs millions de chiffre d'affaires.

Le ROI moyen que nous constatons sur un marché standard : 1 € investi en rapporte 10, parfois 20 ou 30 selon le panier moyen et la maturité du marché.

Pourquoi opposer SEO et GEO n'a pas de sens

Voici le point que trop de discours commerciaux oublient : pour faire du GEO, vous ferez du SEO. C'est mécanique.

Être cité par une IA suppose de produire du contenu structuré sur votre site, de générer de l'autorité sur les sites des autres, de renforcer votre présence de marque dans l'écosystème web. Toutes ces actions nourrissent aussi votre référencement Google. Dans 90 % des cas, les deux disciplines convergent.

Grossièrement : 80 % de vos optimisations SEO servent votre GEO. Les 20 % restants, ce sont des actions spécifiques.

Ce qui change vraiment avec le GEO

Trois chantiers distinguent une stratégie GEO d'une stratégie SEO classique.

Des backlinks aux citations

En SEO, la ligne budgétaire s'appelle netlinking. En GEO, elle s'appelle citations. La nuance : les IA n'ont pas besoin du lien hypertexte cher à Google. Elles ont besoin que votre marque soit présente et citée chez les autres, médias, forums, sites experts de votre secteur.

Le canal le plus sous-estimé : les comparateurs et les contenus d'avis. « Quel est le meilleur logiciel pour... », « quelle formation choisir pour... » : ces requêtes sont massivement posées aux IA, qui s'appuient sur les comparatifs publiés par des éditeurs de sites pour formuler leurs recommandations. Si vous vendez du service, du SaaS ou de la formation, votre présence dans ces contenus n'est plus optionnelle.

La marque comme actif algorithmique

Wikidata, Knowledge Graph, avis clients, réseaux sociaux, entités géolocalisées : quand un robot croise votre marque, que voit-il autour ? Un écosystème cohérent et fourni renforce votre crédibilité auprès des IA comme de Google, dont l'algorithme valorise déjà la force de marque. Nous le mesurons directement : les requêtes marque de nos clients explosent, en organique comme en paid, parce que la décision se prend de plus en plus en amont, ailleurs que dans Google.

Un contenu légèrement repensé

Sur votre propre site, le contenu GEO-friendly est un peu plus incisif, moins « fleuve » qu'un article SEO traditionnel : réponses directes, structure limpide, faits datés. Des subtilités réelles, mais mineures dans l'effort global.

Et le contenu IA dans tout ça ?

Question qui revient à chaque rendez-vous : « Google pénalise-t-il le contenu généré par IA ? » Après deux ans et demi de production IA sur des dizaines de sites, notre réponse est non. Un mauvais contenu humain vaut un mauvais contenu IA : les deux sont mauvais, point.

Ce qui compte, c'est le travail humain autour : l'écosystème d'informations que vous donnez au modèle (vos plaquettes, les retours commerciaux, les mails clients, dix ans de PDF internes), la relecture, les allers-retours avec le client. Chez SkySEO, nous n'avons jamais publié un contenu produit en moins d'une heure. Jamais.

Le piège inverse existe : publier dix contenus par jour générés en dix minutes chacun. La courbe monte vite, et redescend aussi vite. Certains de nos clients publient du contenu rédigé avec l'IA depuis deux ans, avec des croissances de 400 à 500 % sur douze mois et des dizaines de milliers de clics mensuels. La différence ne tient pas à l'outil, elle tient à l'exigence.

Trois quick wins à vérifier dès maintenant

Quinze ans de missions nous ont appris où chercher les gains rapides :

  1. La technique. Environ un client sur huit arrive chez nous avec une erreur technique qui bride tout et qui prend parfois dix minutes à corriger, pour des levées de croissance à trois chiffres.
  2. Le SXO. Des templates de pages construits au cordeau : landing pages, catégories e-commerce, articles, guides. Une structure de contenu propre dès le départ évite des mois de rattrapage.
  3. La régularité. Le vrai quick win n'en est pas un : produire du contenu et de l'autorité chaque mois, avec des objectifs chiffrés, sans jamais s'arrêter. Le SEO reste un marathon.

À surveiller en 2026

Deux dossiers chauds. Les AI Overviews, pas encore actifs en France pour des raisons légales, mais annoncés (Edit : actif le 22 Juillet 2026) : sur les requêtes informationnelles, ils peuvent coûter 15 à 30 % du trafic. La parade rejoint tout ce qui précède, autorité dans le top 10 et marque suffisamment forte pour être retenue même sans clic.

Et le tracking IA, notre vrai point noir du moment : les données de trafic issues des IA sont éclatées, partielles, difficilement exploitables. Seul Bing fournit une donnée propre à ce jour. C'est là que se joue une partie du pilotage de 2026.

En résumé

Le SEO n'est pas mort. Il a été touché à l'épaule, comme à chaque révolution du web, mais les chiffres sont formels : le canal génère encore des croissances à deux ou trois chiffres et des ROI de 1 pour 10. Le GEO n'est pas son remplaçant, c'est son prolongement, et 80 % du travail est commun. La vraie question n'est plus « SEO ou GEO ? » mais « ma marque est-elle assez visible, structurée et citée pour exister dans les deux mondes ? »

Marvin Tranchant
CEO & expert acquisition

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