IA Overviews : que faire quand Google répond à votre place ?
Marvin Tranchant, fondateur de SkySEO, était l'invité d'Estelle Ballot dans le Podcast du Marketing pour décrypter la nouveauté de l'été : depuis le 22 juillet, les IA Overviews et le mode IA sont actifs sur Google en France, dernier grand marché au monde à les recevoir. Moins de clics, plus de réponses générées, et une question qui fâche : comment continuer à faire grandir sa marque quand l'internaute ne clique plus ?
L'épisode du Podcast du Marketing : moins de clics, plus de réponses IA
IA Overviews et mode IA : ce qui a changé le 22 juillet
Sur certaines recherches, Google affiche désormais une réponse rédigée par son IA en premier résultat, avant les liens bleus historiques : c'est l'AI Overview. En la dépliant, l'internaute est invité à poursuivre en conversation, comme sur ChatGPT, sans jamais quitter Google : c'est le mode IA. Google devient un moteur de réponse plus qu'un annuaire de liens, et garde l'internaute dans son environnement. Les États-Unis vivent avec depuis plus de deux ans : nous avons donc déjà un aperçu de ce qui nous attend.
Qui perd des clics, et combien ?
Premier constat rassurant : toutes les requêtes ne sont pas touchées. Chez nos clients comme dans les études parues ces deux dernières années, 80 à 90 % des requêtes concernées sont informationnelles : ce sont les blogs et les pages guides qui encaissent. Les pages à intérêt business direct (landing pages, catégories e-commerce, fiches produits) sont beaucoup moins impactées.
Sur l'informationnel en revanche, la perte moyenne tourne autour de 30 % de clics. Un blog à 20 000 visites mensuelles peut s'attendre à perdre environ 6 000 internautes. « C'est quelque chose de très déstabilisant », reconnaît Marvin : nous avons tous été éduqués au clic comme juge de paix de l'acquisition.
La visibilité devient un indicateur à part entière
Les réponses IA, qu'elles viennent des Overviews ou de ChatGPT, sont très peu cliquées. Mais l'internaute se nourrit de la marque en la voyant : apparaître comme réponse installe votre nom dans sa tête, et il reviendra plus tard, en direct ou en tapant votre marque. Le parcours d'achat est déjà éclaté (TikTok pour voir le produit, YouTube pour le format long, un blog pour la rétrospective complète) et le site web reste la destination finale, celle qui convertit. Les points de visibilité deviennent un facteur de croissance aussi important que le clic.
Et si ce n'est pas vous qui êtes cité, ce sera votre concurrent.
Comment les IA choisissent leurs sources (et pourquoi le SEO compte encore plus)
Quand vous posez une question à une IA, elle découpe votre requête en dizaines de sous-requêtes, qu'elle lance sur les moteurs de recherche classiques, Google et Bing en tête. Et elle ne va pas piocher en 200ᵉ position : si votre site n'est pas positionné, vous ne serez jamais la réponse. Le travail SEO accumulé depuis des années nourrit donc directement votre présence dans les IA.
Deux chantiers en découlent. Sur votre site : continuer à produire de la valeur, mais avec votre patte. Mieux vaut publier moins et personnalisé qu'un article ChatGPT expédié en dix minutes, en visant des intentions de recherche plutôt que des mots-clés. Chez les autres : être mentionné par des sites qui comptent pour les IA. Les listicles « les 10 meilleurs logiciels CRM », les avis, la presse (RP), les comparateurs : c'est là que les IA vont chercher leurs recommandations, et c'est un travail que nous produisons chaque mois pour nos clients.
Le blog change de mission
Hier, l'article de blog était une porte d'entrée de funnel : requête, clic, article, puis livre blanc ou page de vente. Ce tunnel perd de la puissance, sans être mort. La page de blog nourrit désormais la marque : visibilité, positionnement, crédibilité aux yeux des IA. Et pour compenser à court terme les leads perdus sur l'informationnel, un rééquilibrage progressif est possible, avec un coup de pouce Ads le temps que le travail de marque produise ses effets à moyen terme. Surtout, ne jetez rien : les verticales d'acquisition historiques restent aujourd'hui celles qui génèrent le plus de chiffre d'affaires.
Comment mesurer sa visibilité dans les IA
Les outils existent déjà, avec plus ou moins de précision :
- Google Search Console : un nouvel onglet affiche les impressions de vos AI Overviews, par jour et par page (sans les mots-clés pour l'instant).
- Bing Webmaster Tools : le seul outil propriétaire qui montre réellement sur quelles expressions vous êtes mentionné dans les IA de Bing. À installer obligatoirement.
- GA4 : une regex listant les IA (ChatGPT, Perplexity, Gemini...) permet de suivre les clics qu'elles envoient : une croissance à trois chiffres entre 2024 et 2026, même sans avoir rien travaillé.
- Les outils externes (Semrush AI, Météoria...) : basés sur des échantillons de prompts, mais utiles en comparaison face aux concurrents et pour suivre ses expressions clés comme on suivait ses mots-clés en SEO.
- Les signaux indirects : trafic direct et requêtes marque en hausse. L'internaute qui vous a vu dans une réponse IA revient souvent en tapant votre nom.
Ces mesures sont des tendances plus que des vérités absolues, mais tendance plus tendance plus tendance, on finit par voir clair. Et les outils gagneront en précision dans les mois qui viennent, comme le SEO l'a vécu avant eux.
Le pire choix : être attentiste
« Être attentiste serait la pire des décisions à prendre », conclut Marvin. Les leaders de secteur avec lesquels nous travaillons sont déjà bons en GEO, précisément parce qu'ils sont bons en SEO : l'IA amplifie les meilleurs. La marche à suivre n'est pas de tout réinventer, mais de rééquilibrer progressivement, en ajoutant la visibilité IA à vos indicateurs et la présence chez les autres à vos chantiers.
Bonne écoute ! Et si vous voulez mesurer où en est votre visibilité dans ce nouveau paysage, nous réalisons des pré-audits SEO / GEO offerts.

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